Des masques pour "soigner" les soldats

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Derrière le masque

Derrière le masque

La thérapie par l'art peut aider à traiter les lésions cérébrales traumatiques des soldats, ainsi que les troubles associés, comme le syndrome de stress post-traumatique. Au Centre médical militaire national Walter-Reed, dans le Maryland, l'art-thérapeute Melissa Walker travaille avec des ex-combattants : ensemble, ils créent des masques pour illustrer leurs sentiments inexprimés. Parmi les thèmes récurrents dans les représentations : la mort (souvent figurée par des crânes), l'incapacité à s'exprimer (bouches cousues, bâillonnées ou fermées à clef), la souffrance physique (blessures faciales) et les sentiments patriotiques (drapeaux américains).

Photo 1/7© Lynn Johnson
Chris McNair, caporal des Marines en retraite

Chris McNair, caporal des Marines en retraite

Anonyme derrière son masque, Chris McNair est assis sous la véranda de la maison de ses parents, en Virginie. "Je regardais des photos quand j'ai vu le masque d'Hannibal Lecter, et je me suis dit : "je suis comme lui ! [...] Il était sans doute dangereux, et je me suis reconnu en lui. J'étais comme muselé par toutes ces blessures, et je ne pouvais en parler à personne." 

Photo 2/7© Lynn Johnson
Robert "Bo" Wester, sergent-chef de l'armée de terre en retraite

Robert "Bo" Wester, sergent-chef de l'armée de terre en retraite

Enfiler sa combinaison avant l'opération de désamorçage d'une bombe est "la dernière ligne droite. Il n'y a plus personne pour vous venir en aide [...], il ne reste que vous et l'engin explosif improvisé, [...], et, si vous faites une erreur à ce stade, la mort est quasi certaine. On appelle ça "la longue marche" car, une fois la combinaison passée, d'abord, tout est plus dur quand on a près de 50 kg sur le dos [...], puis il y a le stress de savoir ce qu'on s'apprête à faire. Enfin, c'est le silence, on a l'impression de marcher une heure avant d'atteindre l'objet."

Photo 3/7© Lynn Johnson
Jeff Hall, commandant de l'armée de terre en retraite

Jeff Hall, commandant de l'armée de terre en retraite

Son épouse, Sheri Hall, raconte : "Je lui ai dit: Je ne vais pas nettoyer les murs de la chambre quand ils seront couverts de morceaux de ta cervelle. Si tu te tues, ce serait sympa de nous laisser une explication détaillée, parce que je ne pourrai pas expliquer aux enfants, à tes filles qui t'aiment, pourquoi tu as voulu bousiller à ce point nos vies !" Encore aujourd'hui, je me réveille certains matins en me demandant ce que la journée va nous réserver. 

Photo 4/7© Lynn Johnson
David Griego, sergent de l'armée de terre

David Griego, sergent de l'armée de terre

"L'un des problèmes [avec le programme de soin comportant l'art-thérapie] est qu'il fallait parler de ce qui s'était passé. Or, je suis certain d'une chose - et je ne dis pas ça pour vous dissuader de me poser des questions - c'est qu'à chaque fois que je dois en parler assez longuement, je suis sûr de voir des images resurgir dans ma tête ou de faire des cauchemars la nuit suivante. [...] Parfois on se surprend à penser : j'aurais préféré perdre un bras, pour que les gens voient. Ils pigeraient."

Photo 5/7© Lynn Johnson
Tiffany H., sergent d'artillerie des Marines

Tiffany H., sergent d'artillerie des Marines

Tiffany H., comme elle souhaite qu'on l'appelle, a été "explosée" alors qu'elle aidait des femmes d'une région reculée d'Afghanistan à apporter des revenus complémentaires à leur famille. Pertes de mémoire, problèmes d'équilibre et crises d'angoisse comptent parmi ses nombreux symptômes. L'oeil aveugle et les lèvres closes sur son masque sont des symboles couramment utilisés par les soldats blessés par une onde de choc. 

Photo 6/7© Lynn Johnson
Perry Hopman, sergent-chef de l'armée de terre

Perry Hopman, sergent-chef de l'armée de terre

Hopman, au masque mi-patriotique, mi-macabre, pose devant la batterie de médicaments qu'il doit prendre contre les lésions par effet de souffle. Il a été blessé pendant qu'il soignait-lui-même des soldats à bord d'avions médicaux. "Je connais mon nom, mais je ne connais pas l'homme qui portait ce nom avant. Vous savez, je n'aurais jamais cru devoir un jour utiliser un pense-bête pour prendre ma douche (...)"

Photo 7/7© Lynn Johnson

Diaporama à suivre ...